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Retour Publié le 18 novembre 2020

Les marchés boursiers se préoccupent plus de la composition du Congrès que du gagnant des présidentielles

Beaucoup d’investisseurs ont tendance à surestimer l’impact des présidentielles américaines sur les marchés boursiers. Il est facile de tomber dans le piège face à ce grand spectacle qui soulève les passions et exacerbe la polarisation, même à l’extérieur de ses frontières.

Évidemment, plusieurs analystes s’entendent pour dire que l’incertitude qui plane actuellement peut être un facteur de volatilité à court terme. Au moment de la publication de ce texte, Trump n’a toujours pas concédé.

Mais à moyen et long terme, l’allégeance politique de l’occupant de la Maison-Blanche ne semble pas être un facteur déterminant sur le cours des actions d’entreprises cotées en bourse. 

L’avantage d’un Congrès divisé pour les investisseurs

Si on observe le rendement du S&P 500, c’est plutôt la composition du Congrès vers laquelle on doit se tourner afin d’espérer des prédictions boursières à la hausse. C’est du moins ce que les données historiques indiquent.

De 1950 à 2020, les périodes où le pouvoir est divisé entre républicains et démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants semblent avoir été les plus favorables au marché boursier. Quand les deux partis se partagent le contrôle du Congrès, le S&P 500 performe très bien avec un rendement annuel moyen de 17,2 %. 

Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette bonne performance?

Puisque les fameux « checks and balances » de la politique américaine se font plus ressentir quand le pouvoir est partagé, aucun des deux partis ne peut imposer sa loi. Cela réduit considérablement les probabilités que des politiques ou des mesures trop drastiques soient mises de l’avant, dans un sens comme de l’autre. On pourrait en déduire ce que l’on sait déjà : les marchés boursiers sont friands de prévisibilité.

Quand le Parti républicain contrôle les deux chambres, le rendement annuel moyen depuis 1950 passe à 13,4 %. Le rendement de l’indice boursier baisse à 10,7 % quand ce sont les démocrates aux commandes du Congrès. 

Au moment de la publication de ce texte, les démocrates détiennent le contrôle de la Chambre. Des résultats en Georgie sont encore attendus pour savoir si les républicains garderont le contrôle du Sénat.

À la Maison-Blanche, on observe le phénomène inverse, avec un léger avantage pour les démocrates. Depuis 1976, le S&P 500 a connu un rendement supérieur (14,3 %) quand le Président est démocrate. Il passe à 10,8 % lorsque le Président provient du GOP.

Une leçon à retenir pour les investisseurs ?

Il faut prendre tout ça avec un gros grain de sel. La corrélation n’est pas toujours signe de causalité. On ne change donc pas sa stratégie d’investissement en fonction de l’occupant de la Maison-Blanche, mais oui, on peut se permettre plus d’optimisme boursier quand le Congrès est divisé. 

Le passé demeure toutefois non garant de l’avenir.

Les deux grands partis américains changent et évoluent à un rythme irrégulier au fil du temps. De plus, la politique américaine traverse actuellement une période de mutations sans précédent. Les idées qui ont galvanisé les supporters de Trump depuis 2016 sont bien différentes de celles prônées par les néoconservateurs de Bush au tournant du millénaire. Chez les démocrates, le centrisme à l’américaine de Biden contraste fortement avec les propositions de la faction de son parti menée par la jeune représentante Ocasio-Cortez. 

Qu’en est-il de Bay Street?

Pour ce qui est de l’économie canadienne, plusieurs experts s’attendent à un réchauffement des relations canado-américaines sous une présidence Biden. À savoir si cela favorisera véritablement les industries canadiennes fortement reliées à l’économie américaine et le TSX, seuls les prochains mois le diront.

D’ici là, les investisseurs peuvent profiter du show rocambolesque qu’offrent ces élections, mais ils n’ont aucune raison de revoir leur planification à long terme.